Ce récit invite à observer autrement ces petits moments où l’on nous aide, nous sourit, nous tend la main.
Vous y verrez comment la gentillesse partagée agit comme un calmant naturel pour le système nerveux.
Et comment un simple “oui” peut devenir une pratique de bienveillance envers soi.
Un joli vendredi matin, je marchais “rapidement” vers mon RDV à l’hôpital Rothschild.
C’est un peu rigolo ce “rapidement”.
Je marche certes, mais comme une casserole dans Merlin l’Enchanteur : équilibre toujours miraculeux et précaire de l’avancée (je suis handicapée) !
Vendredi matin, 8h30. Il y a pas mal de monde à la sortie du métro Picpus.
Moi qui déteste les puces, ce nom sonne comme une revanche sur les Puces piquées, non ?
Petit sourire en coin, je ne fais pas la maline longtemps.
Je marche au milieu de la foule, seulement avec ma belle canne et non des bâtons de marche. Je peux tomber.
Résultat, je me sens en hypervigilance puisque :
Les gens font attention à ma canne.
J’ai confiance et me fie à ma vue. J’avance donc les yeux rivés au sol.
Mais le trottoir est défoncé par les travaux. Hou je n’aime pas ça. Et soudain, je vois mon lacet défait !
Instantanément, c’est conciliabule au sommet en moi. Entre celle qui me commande de refaire un nœud immédiatement et celle qui martèle que si j’essaye de me pencher jusqu’à ma chaussure, je tombe !
Réponse de la cheffe en moi : « On continue et je guette un siège ! » Je marche lentement : vu mon peu d’équilibre, il y a tout de même peu de risques que mon pied gauche vienne se poser à côté du droit et me fasse choir.
Mais ni banc, ni terrasse. Rien pour les êtres fatigués, cabossés. Ça pique, et pas que les Puces !
Je faisais bien attention à ne pas tomber et je marchais en prenant conscience de chaque pas.
C’est comme si Thich Nhat Hanh* (moine bouddhiste) et Alfonso Caycedo* (neuro-psychiatre, créateur de la sophrologie) en personne me souriaient en même temps : je suivais leur reco : Présence à mes pas.
Mon système nerveux, un peu dépité, le prenait plutôt bien.
Pour me rassurer, j’entendais ma petite voix douce : « Tu pourras les lacer à l’hôpital ! Ça va aller. »
J’en étais là de mon avancée quand, soudain, je suis surprise par une voix chaleureuse juste derrière moi :
« Vous voulez que je refasse votre lacet, Madame ? »
Une fée lumineuse dans une nuit sans étoile venait de m’aborder.
Vous l’avez, la fraction de seconde de surprise et la chaleur immédiate de mon sourire épaté ?
Gentillesse et attention : elle est forte, ma Fée du lacet.
Et là, c’est marrant tout de même la conscience : la temporalité se fige, comme dans Matrix quand plus rien ne bouge sauf Keanu Reeves.
À ce moment-là, mon cours Awakening Joy de James Baraz me revient : chapitre Gratitude, section “Learning to receive gifts and compliments” (Apprendre à recevoir cadeaux et compliments).
Dire OUI à l’autre, à la Vie, à soi.
Je souris à James Baraz, à moi et à cette si belle femme, et lui réponds enthousiaste :
« Oh merci, vous êtes adorable ! Oui, oui ! Je veux bien ! »
Elle s’accroupit.
Moi d’ajouter : « Je n’arrive plus à me pencher. »
Et elle de me répondre avec un regard entendu, plein de bonté : « Oui, j’ai vu. »
En voyant le dessus du dos de cette jeune femme, son sérieux à renouer mon lacet, je me suis souri-félicitée d’avoir dit « oui, s’il vous plaît » et de ne pas l’avoir repoussée.
J’étais dans un moment de plein bonheur émerveillé.
Souvent, j’ai eu la joie de croiser des Anges dans ma vie.
Là, c’en était une. Une jolie Ange.
Alors, quand elle s’est relevée, j’ai vu qu’elle portait une attelle au poignet.
Nous avions l’air aussi heureuses l’une que l’autre quand nous nous sommes dit au revoir.
Ce moment est resté depuis magique en moi.
Elle descendait déjà l’escalier du métro quand, regardant son poignet et lui lançant un sourire entendu, je lui ai souhaité de bien prendre soin d’elle, elle aussi.
Ça l’a fait rire.
Un petit rire si joli ! Radieux et convaincu, qui m’a répondu : « Promis ! » en s’engouffrant sous terre.
Un ange. Et moi, comblée de gratitude.
Quand cette jeune femme s’est penchée pour refaire mon lacet, j’ai senti mon corps se relâcher instantanément.
Une chaleur a parcouru ma poitrine : mélange d’émotion, de gratitude et d’apaisement.
Ce n’était pas qu’un geste d’aide, c’était une rencontre vivante.
En sophrologie, on parle souvent de ces instants de présence partagée où le temps se suspend.
Mon système nerveux — d’abord en vigilance — est passé du mode « alerte » au mode « sûreté ».
Une petite bascule intérieure : je pouvais recevoir.
Ces micro-expériences incarnent ce que Thich Nhat Hanh appelle la conscience dans l’action : marcher, respirer, sentir, être présent à chaque geste.
Elles rejoignent aussi la phénoménologie de la présence chère au Dr Alfonso Caycedo, fondateur de la sophrologie, pour qui toute transformation commence par la conscience vécue du corps et de ce qu’il y a autour.
Références :
– Thich Nhat Hanh – Moine bouddhiste vietnamien – Il est un de ceux qui fit connaître le Bouddhisme Zen,notamment en France mais aussi aux Etats-Unis etc. The Miracle of Mindfulness. Beacon Press.(1976)
– Caycedo, A. La Sophrologie : science et méthode. Éd. Sophrologie Caycedo. (1993).
Ce jour-là, j’ai vécu cette gentillesse avec toute la richesse d’un échange : son geste & ma reconnaissance. La gentillesse circule : elle se donne et se reçoit. Comme un souffle.
En regardant cette jeune femme refaire mon lacet, j’ai repensé à notre cours sur Le Réveil de la Joie : combien il est important de donner pour être heureux, mais aussi de savoir accueillir le don, accueillir le cadeau.
Je constate souvent que par gêne, par je ne sais quoi, les gens disent “non merci. Ça va aller”.
Mais dire oui, c’est laisser la vie s’approcher.
Et dans mon « oui » simple et ravi, ce jour-là, j’ai souri et senti combien le lien humain nourrit la vitalité — un effet quasi physiologique, tangible, qu’on peut appeler micro-régulation émotionnelle.
Et pour nous “animaux” grégaires, cela fait un bien fou !
Référence :
Baraz, J. & Alexander, S. (2010). Awakening Joy – 10 Steps to Happiness. Bantam.
En me remémorant la scène, j’ai pris conscience que j’avais glané un moment d’émerveillement.
Un petit « glimmer », c’est-à-dire un de ces instants qui effacent nos réflexes de défense (“Glimmers erase triggers”) comme dit Deb Dana* (psychologue clinicienne, vulgarisatrice de la théorie du Nerf Vague).
Ces micro-instants rééduquent littéralement notre système nerveux à se sentir en sécurité.
Et plus on les remarque, plus ils s’ancrent.
J’ai senti cela physiquement : mon souffle plus ample, mon sourire plus vrai. Mon corps plus relâché (ce qui m’a permis de ne pas m’énerver quand j’ai vu que j’étais partie à l’opposé de l’hôpital!!). 🥰
Référence : Dana, D. (2018). The Polyvagal Theory in Therapy. W.W. Norton & Co.
Deb Dana — Rhythm of Regulation
🪶 OUI à la relation
Dire oui à l’aide reçue, c’est pratiquer la Mindful Self-Compassion de Kristin Neff et Chris Germer : accepter d’être soutenu, vulnérable, humain. C’est un geste d’amour envers soi, pas de faiblesse.
Référence : Neff, K. & Germer, C. (2018). The Mindful Self-Compassion Workbook. Guilford Press.
💪 OUI à soi — poser des limites
Comme le rappelle la chercheuse en sciences sociales Brené Brown, les personnes les plus compatissantes ont des boundaries of steel, c’est-à-dire, des limites claires, fermes et bienveillantes.
Dire NON quand il le faut, c’est se dire OUI à soi : c’est la face « féline » de la compassion, celle qui protège.
Référence : Brown, B. (2012). Daring Greatly. Gotham Books.
🌸 OUI à l’expérience
Dans l’ACT (Acceptance & Commitment Therapy), dire « oui » à ce que l’on vit, c’est cesser de lutter contre son expérience intérieure pour agir en accord avec ses valeurs. C’est un oui conscient, pas une soumission.
Référence : Hayes, S.C., Strosahl, K.D., & Wilson, K.G. (2011). Acceptance and Commitment Therapy. Guilford Press.
🌞 OUI au positif
Les recherches de Shelly Gable, professeure de psychologie à l’Université de Californie et spécialiste des émotions positives partagées, montrent qu’accueillir une bonne nouvelle avec enthousiasme renforce le lien.
Autrement dit, quand nous laissons la joie de l’autre nous toucher — quand nous l’écoutons, nous nous en émerveillons avec lui — quelque chose circule entre nous. Cette chaleur partagée tisse du lien et rend la relation plus vivante, plus sûre, plus humaine.
De même, David Cooperrider et Diana Whitney, chercheurs en psychologie organisationnelle et fondateurs de l’Appreciative Inquiry, rappellent que se concentrer sur ce qui va bien construit l’avenir sur nos forces.
En d’autres termes, quand nous choisissons de regarder ce qui fonctionne déjà — ce qui est vivant, soutenant, porteur — nous donnons plus d’élan à ces forces.
L’attention devient alors un acte créateur : elle fait grandir ce qu’elle éclaire.
Références :
– Gable, S.L., & Reis, H.T. (2005). “Good news! Capitalizing on positive events in an interpersonal context.” Journal of Personality and Social Psychology, 89(5), 820-835.
– Cooperrider, D., & Whitney, D. (2005). Appreciative Inquiry: A Positive Revolution in Change. Berrett-Koehler.
🌈 OUI au vivant
Enfin, Barbara Fredrickson, professeure de psychologie à l’Université de Caroline du Nord, nous enseigne que les émotions positives élargissent notre champ d’action (broaden-and-build theory).
Chaque « oui » sincère ouvre une brèche vers la curiosité, la créativité, la joie — et, peu à peu, fortifie nos ressources intérieures.
Ces émotions ne nient pas la douleur : elles l’adoucissent, la rendent respirable, et parfois même, la désamorcent.
Référence : Fredrickson, B. (2009). Positivity. Crown.
Ce petit lacet défait m’a rappelé une grande vérité : le oui est un geste du corps avant d’être un mot.
Il détend, il relie, il nous aide à mieux respirer.
Et comme en sophrologie on s’entraîne, plus on s’entraîne à dire oui, plus cela devient un réflexe de vie qui nous fait du bien !
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